dimanche 11 septembre 2016

Procès à Reims des "amants diaboliques", accusés du meurtre d'un militaire

I ls avaient tenté de faire passer l'assassinat du mari, militaire, pour un cambriolage ayant mal tourné, avant de passer aux aveux : les "amants diaboliques" sont jugés de lundi 12 au mercredi 14 septembre devant la cour d'assises de la Marne. 
En janvier 2014, six mois après son mariage avec un sous-officier de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, Sophie Thévenet, 24 ans à l'époque, aurait échafaudé un plan pour se débarrasser de son époux, avec la complicité de son amant Sébastien Chantereau, 26 ans, déjà condamné deux fois en 2009 et 2012 pour des faits de violences aggravées. En garde à vue, M. Chantereau explique qu'il a demandé à son médecin de lui prescrire du Zolpidem, un somnifère que sa complice a ensuite administré à son mari, dans un verre de pastis. Il avoue ensuite avoir frappé plusieurs fois la tête de Julien Thévenet sur le sol du garage du domicile du couple, à Somme-Suippe.
Voyant la victime se réveiller, il déclare lui avoir porté des coups de poing, tandis que la mère de famille divertissait ses deux enfants de cinq et un ans dans la maison pour qu'ils ne se rendent compte de rien. Pour terminer sa besogne, il tente de planter une fourche dans le torse du militaire, mais se résout finalement à utiliser une pioche avec laquelle il assène plusieurs coups mortels, dont un perforant de part et d'autre le corps de la victime. 

SMS sans équivoque

Les amants maquillent la scène de crime pour faire croire à un cambriolage qui aurait mal tourné puis, le 27 janvier 2014, Sophie Thévenet prévient la gendarmerie de la mort de son mari, prétendant avoir fait cette sombre découverte au retour d'un week-end avec "un ami d'enfance". Les enquêteurs de la SR de Reims et de la gendarmerie de l'Armée de l'air se penchent sur la vie "chaotique" du couple, car entre Sophie et Julien Thévenet, mécanicien sur les avions Rafale "bridé par son épouse, qui ne lui laissait aucun moyen de paiement à disposition", le mariage avait rapidement viré au fiasco et une procédure de divorce était en cours.
Des SMS échangés entre les amants, "d'une extrême clarté quant à la réalisation de leur macabre projet", sont également découverts pendant les investigations. Au cours de l'un de ses interrogatoires, Sophie Thévenet justifie la décision de tuer son mari dans le but de "conserver la garde de (sa) fille" après le divorce et d'échapper aux "violences" et aux "relations sexuelles forcées par son époux". Des arguments qui auraient incité Sébastien Chantereau à passer à l'acte, explique de son côté l'accusé aux enquêteurs, estimant avoir été "influencé voire aveuglé" par cette femme manipulatrice dont il était "éperdument amoureux". Surnommés les "amants diaboliques" dans les médias, tous deux encourent la réclusion à perpétuité mais tenteront chacun d'atténuer leur part de responsabilité devant la cour.
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samedi 10 septembre 2016

Voiture piégée à Paris : Ornella G. présentée à un juge

Une semaine après la découverte d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz, une première personne a été présentée à un juge antiterroriste en vue de sa mise en examen. Derrière le projet d'attentat avorté, un commando de femmes radicalisées, probablement "téléguidées" par l'Etat islamique. Voici nos dernières informations sur cette enquête.
Une voiture chargée de bonbonnes de gaz découverte en plein Paris, un commando de femmes "téléguidées" par Daech, de nombreuses arrestations... C'est un nouveau réseau terroriste prêt à passer l'action que les autorités ont mis en lumière et arrêté cette semaine. LCI fait le point sur l'enquête. 

Ornella G. déférée

Une première suspecte, fichée pour des velléités de départ en Syrie, a été déférée samedi en début d'après-midi en vue de sa mise en examen devant un juge antiterroriste. Le parquet a par ailleurs requis le placement en détention provisoire d'Ornella G., 29 ans. Cette jeune avait été arrêtée mardi dans le Sud avec son compagnon dont la garde à vue vient d'être levée. Ses empreintes ont été retrouvées dans la Peugeot 607 chargée de bonbonnes de gaz découverte le week-end dernier près de Notre-Dame-de-Paris. Selon les premiers éléments de l'enquête, ce véhicule devait servir à un attentat qui a finalement avorté. 


D'après le récit d'Ornella G. aux enquêteurs, les jeunes femmes auraient tenté de mettre le feu à la voiture, en vain. Elles "ont fui à la vue d'un homme qu'elles ont pris pour un policier en civil", rapporte une source proche de l'enquête à l'AFP.  Aux côtés d'Ornella G. se trouvait la fille du propriétaire de la Peugeot 607, Inès M., 19 ans, également fichée S et qui a prêté allégeance au groupe Etat islamique. Les enquêteurs cherchent à savoir si une troisième femme était présente, Sarah H., 23 ans, qui a de nombreuses connexions avec d'autres djihadistes français.



Une explosion à la voiture ratée

Dans cette affaire aux multiples ramifications, tout a démarré après la découverte dans la nuit de samedi à dimanche, près de Notre-Dame-de-Paris, d'une voiture chargée de bonbonnes de gaz et de bouteilles de gasoil. Les feux de détresse sont allumés et le véhicule n'a pas de plaque d'immatriculation. Les enquêteurs ont acquis la conviction que la Peugeot 607 devait servir à un attentat, manqué pour une raison encore indéterminée. Une "cigarette à peine consumée" et une couverture avec "des traces d'hydrocarbures" ont en effet été retrouvées dans le coffre,  a déclaré vendredi le procureur de la République François Molins. Si l'incendie avait pris, "il aurait suffit à entraîner à lui seul la destruction de l'ensemble du véhicule".

D'autres projets d'attentat

C'est cette première enquête sur la voiture suspecte qui a, selon les autorités, permisde déjouer un autre projet d'attaque "imminente", en suivant la piste de la fille du propriétaire de la Peugeot 607. Inès M., 19 ans, est fichée "S" pour des velléités de départ en Syrie. Avec son amie Sarah H., 23 ans, également fichée S, elles se donnent rendez-vous chez Amel S., 39 ans,  à Boussy-Saint-Antoine (Essonne). Jeudi, les policiers ont retrouvé leur trace et s'apprêtent à les arrêter.  Mais Sarah H. repère la voiture banalisée de la police et se jette sur le policier à l'intérieur, lui assénant un coup de couteau. Inès M. se rue également sur un autre policier et elle est blessée en retour par un tir de la police. Mohamed Lamine A., 22 ans, compagnon de Sarah H., et la fille d'Amel S., 15 ans, ont aussi été placés en garde à vue. Le dessein de ces femmes, décrites comme "fanatisées" par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et entrées en contact selon les enquêteurs via la messagerie privée Telegram, "était clairement de commettre un attentat", a indiqué François Molins. Selon la radio RTL, elles projetaient d'attaquer la gare de Lyon à Paris et des gares de l'Essonne. 

http://www.lci.fr/

Biens mal acquis : le fils du président équato-guinéen renvoyé devant le tribunal

Carcassonne: 4 mois avec sursis pour avoir abandonné son fils handicapé

Hier, un homme de 59 ans a été condamné par le tribunal correctionnel. Son ex-femme se bat depuis 30 ans pour obtenir le règlement de la pension.
Divorcé depuis le début des années 80, Philippe, âgé de 59 ans, était jugé par le tribunal correctionnel, hier, pour "abandon de famille". En clair, il était reproché à ce chef d'entreprise de Draguignan (Var), de ne pas avoir versé la pension alimentaire à son ex-femme, qui s'occupe encore, et toujours de leur fils lourdement handicapé... aujourd'hui âgé de 39 ans

Si la prévention inscrite au rôle du tribunal courait du 30 juillet 1983 au 27 janvier 2016, c'est finalement sur la période du 2 janvier 2011 au 2 janvier 2014, - prescription oblige pour la partie antérieure -, que le prévenu a été entendu par la présidente Valérie Reymond. Cette dernière a tout d'abord rappelé au prévenu qu'un jugement rendu le 13 décembre 2007 avait fixé le montant de la pension à 400 € par mois.
"À ce jour, a répondu le quinquagénaire au tribunal, les sommes ne sont toujours pas réglées..." Et Philippe de revenir sur les difficultés rencontrées par son entreprise en 2008, avec un placement en redressement judiciaire. Là, depuis l'adoption d'un plan de continuation, le prévenu a indiqué qu'il se battait depuis quatre ans, "pour revenir à des choses normales. Aujourd'hui, les choses évoluent et je vais faire en sorte de démarrer quelque chose". Une somme de 2 000 € aurait, pour l'heure, été versée...
"Il a préféré fuir ses responsabilités"
Pour les intérêts de l'ex-femme de Philippe, Me Sébastien Leguay a regretté que le prévenu "se retranche, une fois de plus, derrière ses difficultés financières. Un aménagement de la pension, il aurait pu le faire ! Mais il a préféré fuir ses responsabilités..." Et l'avocat carcassonnais de revenir sur "33 ans d'une situation injuste". Avec la naissance de Yohann. Un joli bébé qui a vite accusé une détresse respiratoire et un retard psychomoteur important.
À 39 ans, ce fils est désormais un adulte lourdement handicapé, dont s'occupe sa mère au quotidien. Elle qui n'est plus toute jeune. "Un matin du début des années 80, il a quitté le domicile conjugal et n'est jamais rentré le soir. Là, les 2 000 € qu'il aurait versés, je n'ai encore rien reçu, c'est une tactique, une stratégie", a martelé Me Leguay. "Il nous dit, aujourd'hui, qu'il peut assumer un versement mensuel, que ça va mieux pour lui... Mais qu'est-ce qu'on fait du passif...". Rien que sur la période visée (on oublie la prescrite), la somme due représente 14 400 €.
"Ni un accident, ni une mauvaise passe"
Du côté du ministère public, la substitut Carole Gonzalez a estimé que l'attitude du prévenu n'était "ni un accident ni une mauvaise passe, mais une situation qui s'est éternisée dans le temps". Et de requérir 6 mois de prison avec sursis. Pour la défense de Philippe, Me Patrick Deudon, du barreau de Nice, a souhaité recadrer les débats, en soulignant que le tribunal avait à juger "un élément moral, et non pas la morale de son client. Il a eu tort, mais il s'est expliqué sur la situation. Aussi, avec l'adoption du plan de continuation pour sa société, il a dû s'acquitter de 160 000 € auprès de ses créanciers. Il a fallu qu'il fasse des choix...".
Après avoir délibéré, le tribunal a fait le sien (de choix), et condamné Philippe à une peine de 4 mois de prison avec sursis. Il devra également s'acquitter de la somme de 2 000 €, pour le préjudice subi par la victime. 
http://www.lindependant.fr/2016/09/10/4-mois-avec-sursis-pour-avoir-abandonne-son-fils-handicape,2255239.php

mardi 13 octobre 2015

Violences à Air France : cinq salariés seront jugés le 2 décembre

Les cinq salariés d'Air France en garde à vue lundi ont été déférés ce mardi après-midi. Ils seront jugés en correctionnel le 2 décembre prochain pour violences en réunion.
Cinq salariés d'Air France soupçonnés d'être les auteurs des violences qui ont émaillé la réunion du comité central d'entreprise (CCE) du 5 octobre dernier seront jugés pour violences en réunion le 2 décembre prochain, a annoncé ce mardi le parquet de Bobigny. A l'issue de leurs gardes à vue, prolongées mardi matin, ils ont été déférés devant un magistrat du parquet, qui leur a remis cette convocation par procès-verbal pour comparaître devant le tribunal correctionnel de Bobigny.
"Les investigations diligentées sous la direction du parquet de Bobigny ont permis d'identifier les auteurs des violences et des dégradations et le rôle de chacun dans le déroulement des faits", écrit le secrétaire général du parquet dans un communiqué. Ils seront jugés pour des faits "de violences en réunion ayant entraîné une interruption de temps de travail n'excédant pas huit jours", ajoute-t-il. Les cinq mis en cause encourent jusqu'à trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.
Un sixième salarié, interpellé lundi, a quant à lui été "rapidement mis hors de cause" et libéré plus tard dans la journée. Le parquet de Bobigny a ouvert le 6 octobre dernier une enquête pour dégradations, entrave au fonctionnement du comité central d'entreprise (CCE) et violences en réunion, après le dépôt de cinq plaintes par des cadres de l'entreprise et de neuf plaintes par des agents de sécurité. La Police aux frontières a été saisie de cette enquête.
 

Rennes : près de 5 ans après le meurtre de Laetitia Perrais, Tony Meilhon retrouve les juges

Le procès en appel de Tony Meilhon, condamné en 2013 pour le meurtre de Laëtitia Perrais près de Pornic en Loire-Atlantique, une affaire qui avait défrayé la chronique en 2011, s'ouvrira mardi devant la Cour d'assises d'Ille-et-Vilaine.

L'affaire avait défrayé la chronique. Près de cinq ans après le meurtre et la découverte du corps démembré de Lætitia Perrais, 18 ans, près de Pornic, Tony Meilhon, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité, retrouve mardi le chemin du prétoire, cette fois à Rennes, où il est jugé en appel. En première instance, cette peine, que Tony Meilhon avait lui-même réclamée, bien qu'il ait toujours affirmé avoir tué la jeune fille involontairement, avait été assortie d'une période de sûreté de 22 ans.
Mais la cour d'Assises de Loire-Atlantique a aussi prononcé une mesure de rétention de sûreté. C'est cette mesure, prévoyant la possibilité de placer dans un centre médico-judiciaire fermé un criminel considéré comme encore particulièrement dangereux à l'issue de sa peine de prison, qui a conduit Tony Meilhon, aujourd'hui âgé de 31 ans, à faire appel. "S'il n'y avait pas eu la rétention de sûreté, il n'y aurait pas eu d'appel", assure son avocat, Fathi Benbrahim. Avec la rétention de sûreté, "il s'agit de dire que quelqu'un sera détenu pendant 50 ou 60 ans. C'est réservé aux criminels en série qui tuent des enfants", avait-il commenté, après la décision de la cour, en juin 2013.
Ce procès en appel devait à l'origine se tenir en novembre 2014. Mais il avait été renvoyé en raison d'une grève des avocats contre le projet de réforme de leur profession. Un rebondissement de plus dans cette affaire hors norme, qui avait occupé le devant de l'actualité pendant près de six semaines en 2011, en raison de la cruauté des actes commis mais aussi de l'intervention de Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État de l'époque avait directement mis en cause les magistrats pour des défaillances dans le suivi de Tony Meilhon à la sortie de son précédent séjour en prison, déclenchant une grève inédite de la majorité des tribunaux français.
Les faits remontent à la nuit du 18 au 19 janvier 2011. Après avoir quitté son travail dans un hôtel-restaurant de la Bernerie-en-Retz en Loire-Atlantique où elle est apprentie, Lætitia Perrais rejoint Tony Meilhon, alors âgé de 31 ans et sorti de prison un an plus tôt, qu'elle a rencontré la veille. Peu après minuit, Lætitia est vue pour la dernière fois en vie, quittant La Bernerie sur son scooter.
Mystérieux "Monsieur X"
Le lendemain matin, la soeur jumelle de Lætitia, Jessica, découvre le scooter, renversé à quelques dizaines de mètres de la maison de Gilles Patron, chez qui les soeurs vivent depuis 2005 après avoir été placées dans cette famille d'accueil par les services sociaux. Tony Meilhon est interpellé dès le 20 janvier. Dans son véhicule sont retrouvées des traces de sang appartenant à Lætitia, dont une partie du corps est retrouvée une dizaine de jours plus tard, dans un étang. Plus de deux mois plus tard, le reste du cadavre est découvert par une promeneuse, dans une autre pièce d'eau, à une cinquantaine de kilomètres de la première.
L'autopsie révèlera que la jeune fille a été étranglée et poignardée après sa mort plusieurs dizaines de fois. En revanche, elle n'a pas permis de déterminer s'il y avait eu agression sexuelle. Pour sa défense, Tony Meilhon, qui avait déjà passé de nombreuses années en prison, a affirmé, sans jamais convaincre, avoir percuté le scooter de la jeune fille, involontairement, l'avoir crue morte puis voulu maquiller l'accident mortel en crime crapuleux en la poignardant. Selon son avocat, Tony Meilhon, dont les experts psychiatres ont dessiné les contours d'une inquiétante personnalité psychopathique, assume désormais "totalement l'homicide".
Néanmoins, il contestera toujours avoir agressé Lætitia Perrais sexuellement, une hypothèse évoquée comme mobile du meurtre par l'accusation et les parties civiles en première instance, comme il conteste avoir lui-même découpé le corps, accusant pour ces faits un mystérieux "Monsieur X". Douze jours d'audience sont programmés pour ce procès, jusqu'au 28 octobre.