Le procès de l'affaire des prothèses mammaires PIP a repris aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Marseille avec l'audition des inspecteurs de l'agence des produits de santé qui avaient découvert la fraude dans l'usine varoise en mars 2010, lors d'une visite effectuée sans suspicion a priori selon leurs dires.
L'Afssaps (devenue depuis l'ANSM) avait alors été alertée sur des ruptures de l'enveloppe des prothèses PIP intervenant "à une fréquence significativement plus élevée que pour les autres implants mammaires contenant des gels de silicone".
Du 16 au 18 mars 2010, deux inspecteurs de l'agence se rendent donc dans les locaux de l'entreprise à Six-Fours-Les-Plages et La Seyne-sur-Mer - où la dernière inspection remontait à juin 2001, soit au début de la fraude reprochée à PIP.
"On a prévenu la société car on n'était pas du tout dans un contexte de suspicion de fraude, on venait pour comprendre l'origine des ruptures", raconte Jean-Christophe Born, 47 ans, ingénieur chimiste salarié de l'Afssaps qui participe à l'inspection.
La première journée, qui "se passe bien", est consacrée à l'étude du dossier de conception des prothèses et à la visite des locaux de production, qui "avaient l'air tout à fait normaux", poursuit le témoin.
Mais le lendemain, à La Seyne, les inspecteurs de l'Afssaps aperçoivent, depuis l'extérieur du site, des conteneurs portant l'étiquette d'une matière première qu'ils ne connaissent pas. Ils passent les grilles de l'usine et s'en approchent, mais "les étiquettes avaient disparu sur les fûts, alors qu'on les avait vues depuis l'autre côté de la clôture quelques minutes plus tôt".
Les deux inspecteurs finiront par retrouver des étiquettes de Silop, une huile de silicone de grade industriel et non médical qui servait à fabriquer le gel maison contenu dans les implants, à la place du gel déclaré de marque Nusil.
Interrogés à l'époque sur l'utilisation des matières premières non déclarées, Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, et le directeur du développement de l'usine répondent alors qu'elles ont servi à produire un millier d'échantillons.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/22/97001-20130422FILWWW00362-pip-la-fraude-soupconnee-des-2010.php
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lundi 22 avril 2013
dimanche 21 avril 2013
PIP: le procès reprend lundi avec l'audition des témoins
Lundi, les témoins du parquet interviendront, mardi ceux des prévenus. Vendredi, Jean-Claude Mas a dû s'expliquer à la barre: "Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques. Ces femmes ne sont pas bien dans leur peau, elles sont fragiles". Le procès doit durer jusqu'au 17 mai.
Plein d'assurance et gardant son sens de la provocation, Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP, a vigoureusement défendu vendredi ses prothèses mammaires frauduleuses devant le tribunal correctionnel de Marseille, s'attirant les foudres des plaignantes.
Dans l'après-midi, l'agacement a franchi un cran, quand le procureur Jacques Dallest l'a interrogé sur ses déclarations en garde à vue, dans lesquelles il traitait les plaignantes de femmes "fragiles" en quête "de fric". Beaucoup de femmes dans la clientèle de la chirurgie esthétique "ne sont pas bien dans leur peau", "sont fragiles", a répondu Mas, provoquant un brouhaha dans la salle et s'attirant un "connard" venu des sièges des victimes.
Selon les autorités sanitaires, un quart des prothèses retirées des porteuses étaient défectueuses (perspiration du gel, rupture des enveloppes), générant notamment des réactions irritantes.
Il relève que le retour au gel conforme qu'envisageait Claude Couty déplaisait aussi "aux syndicats" car, plus cher, il aurait entraîné un surcoût et des risques de licenciements dans un contexte de difficultés économiques de la société de 120 salariés. Pourquoi ne pas avoir eu "un sursaut citoyen?", l'interroge alors le procureur. "On essaie de partir, de chercher un emploi à côté... je n'ai pas démissionné car ça reste difficile", lui a-t-il répondu.
Autre prévenu, Thierry Brinon, 53 ans, directeur technique depuis 2006. Les plaintes de chirurgiens en 2008 "ont commencé à me faire douter de la culture de l'entreprise", a-t-il dit. Quand Mas lui demande de "travailler sur le gel" et qu'il refuse, "il confie cette mission à mon ingénieur".
L'ex-directrice de la qualité, Hannelore Font, entrée en 1999, à 22 ans, chez PIP, assure que dès 2004 elle pensait "que les choses pouvaient changer". Mais c'est en 2009 qu'elle bloque la sortie de lots. Très vite, elle s'effondre. "Je tiens à m'excuser de n'avoir pas été à la hauteur", sanglote-t-elle.
Le procès doit durer jusqu'au 17 mai. Lundi, les témoins du parquet interviendront (notamment TÜV et l'ANSM), mardi ceux des prévenus. Les cinq prévenus encourent cinq ans de prison.
http://cote-d-azur.france3.fr/2013/04/21/pip-le-proces-reprend-lundi-avec-l-audition-des-temoins-238629.html
Plein d'assurance et gardant son sens de la provocation, Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP, a vigoureusement défendu vendredi ses prothèses mammaires frauduleuses devant le tribunal correctionnel de Marseille, s'attirant les foudres des plaignantes.
"Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risque"
Pendant cette première journée d'audition, ses coprévenus, anciens cadres de PIP, ont décrit une usine où tout le monde savait, entre peur du patron et peur du licenciement. Dans la matinée, M. Mas avait défendu son gel "maison": "Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques", déclarait le septuagénaire, jugé pour "tromperie aggravée" et "escroquerie" pour avoir, dans les années 2000, rempli les prothèses d'un gel de silicone industriel non autorisé. "Au niveau cohésivité, je suis certain, j'affirme qu'il était supérieur au Nusil (le gel conforme, ndlr)", a-t-il répété, montrant parfois un léger agacement.Dans l'après-midi, l'agacement a franchi un cran, quand le procureur Jacques Dallest l'a interrogé sur ses déclarations en garde à vue, dans lesquelles il traitait les plaignantes de femmes "fragiles" en quête "de fric". Beaucoup de femmes dans la clientèle de la chirurgie esthétique "ne sont pas bien dans leur peau", "sont fragiles", a répondu Mas, provoquant un brouhaha dans la salle et s'attirant un "connard" venu des sièges des victimes.
Compétent pour proposer ce gel
Vêtu de son large blouson marine, regardant la présidente, droit, les yeux écarquillés, il a expliqué avec assurance tenir la formule de son gel d'un chirurgien plasticien varois, pour qui il avait travaillé au début des années 80. Il a redit que oui, il s'estimait compétent pour proposer ce gel, en dépit d'un parcours divers: bac maths élém, vendeur d'assurances-vie, visiteur médical, employé "dans les diamants", représentant en vins. "J'ai toujours bien vécu", note-t-il. S'il avait pu obtenir un statut de formulateur, il l'aurait fait, a-t-il affirmé. "Malheureusement, il fallait un million d'euros pour avoir une unité pour devenir formulateur", a-t-il dit, alors que les finances de l'entreprise, défaillantes (perte du marché nord-américain, provisionnements pour procès à l'étranger...), ont fait l'objet de nombreuses questions. L'enquête a montré que l'usage du gel non conforme au lieu du Nusil avait permis à la PME un gain annuel d'un million d'euros.Selon les autorités sanitaires, un quart des prothèses retirées des porteuses étaient défectueuses (perspiration du gel, rupture des enveloppes), générant notamment des réactions irritantes.
Pas eu conscience du danger
Interrogé après lui, son ex-bras droit, Claude Couty, a admis avoir "permis la vente de lots non homologués". "Mais je n'ai jamais eu conscience du danger", assure-t-il, costume sombre et chevelure argentée. A propos de Mas, il souligne qu'"il vit dans son monde". "Il pense avoir la science infuse (...) assez souvent on était en désaccord sur la gestion", dit-il, devant Mas qui sourit. Tous les salariés de l'entreprise connaissaient l'existence de ce gel, mais Mas imposait sa volonté, a affirmé un autre prévenu, Loïc Gossart, 39 ans, ex-directeur production. Selon lui, "100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant".Il relève que le retour au gel conforme qu'envisageait Claude Couty déplaisait aussi "aux syndicats" car, plus cher, il aurait entraîné un surcoût et des risques de licenciements dans un contexte de difficultés économiques de la société de 120 salariés. Pourquoi ne pas avoir eu "un sursaut citoyen?", l'interroge alors le procureur. "On essaie de partir, de chercher un emploi à côté... je n'ai pas démissionné car ça reste difficile", lui a-t-il répondu.
Autre prévenu, Thierry Brinon, 53 ans, directeur technique depuis 2006. Les plaintes de chirurgiens en 2008 "ont commencé à me faire douter de la culture de l'entreprise", a-t-il dit. Quand Mas lui demande de "travailler sur le gel" et qu'il refuse, "il confie cette mission à mon ingénieur".
L'ex-directrice de la qualité, Hannelore Font, entrée en 1999, à 22 ans, chez PIP, assure que dès 2004 elle pensait "que les choses pouvaient changer". Mais c'est en 2009 qu'elle bloque la sortie de lots. Très vite, elle s'effondre. "Je tiens à m'excuser de n'avoir pas été à la hauteur", sanglote-t-elle.
La colère
Parmi la centaine de plaignantes encore présentes vendredi, la colère s'exprimait. "Avec quel mépris il (Mas) s'adresse à la cour, avec quelle désinvolture il parle de nous, avec quelle insouciance il parle des prothèses !", disait Hélène Muriel, sortie avant la fin. Plus de 5.250 femmes, Françaises pour l'essentiel, ont porté plainte (pour environ 30.000 porteuses de ces prothèses en France, et plus encore à l'étranger). L'Agence du médicament (ANSM), la Ligue contre le cancer sont parties civiles, ainsi que le certificateur TÜV.Le procès doit durer jusqu'au 17 mai. Lundi, les témoins du parquet interviendront (notamment TÜV et l'ANSM), mardi ceux des prévenus. Les cinq prévenus encourent cinq ans de prison.
http://cote-d-azur.france3.fr/2013/04/21/pip-le-proces-reprend-lundi-avec-l-audition-des-temoins-238629.html
samedi 20 avril 2013
PIP : "J'ai été fabriqué, je suis le grand Satan" (Mas)
Un look de compagnon d'Emmaüs mais un propos assuré, un verbe précis. Sur les écrans géants de la salle d'audience du Parc Chanot, on ne voit que deux yeux perçants. Ceux de Jean-Claude Mas campé à la barre de la 6e chambre correctionnelle dans son blouson bleu et jaune.
S'embrouillant juste un peu sur les dates, il balaie sa vie professionnelle : vendeur de diamants, d'assurances-vie, de vin sur les foires... "J'ai toujours bien vécu". Le tournant se fait en 1982. Il rencontre les implants mammaires et le Dr Arion, chirurgien plasticien, inventeur de la formulation d'un gel de silicone, le futur gel PIP. Le prévenu de 73 ans expédie sa vie personnelle : "Je ne me suis jamais marié, j'ai eu deux enfants, un garçon, une fille".
Lorsqu'il parle de Poly Implants Prothèses, sa société créée en 1991, son regard pétille. Il prend plaisir à raconter cette success story, sa "silicon valley" à lui : l'ouverture à La Seyne-sur-Mer de "la belle fabrique de prothèses mammaires. Tout est nickel pour aller sur le marché américain". L'orgueil pointe : "Je suis le seul fabricant au monde n'étant pas américain à avoir vendu des prothèses sur le marché américain". Avant un tonitruant : "Français, go home !" en 2000.
Il défend son gel qui remplissait les prothèses. "Le gel PIP n'est pas homologué mais il est homologable. J'ai eu le temps de lire toutes les expertises en prison. Elles ne font que confirmer que le gel PIP est aussi biocompatible que le Nusil", le seul homologué. Aussi exprime-t-il sa part de responsabilité : "Tromperie oui ! Aggravée, ça veut dire quoi ? Dangereux toxique, non ! C'est pas vrai". À entendre le prévenu, sa formule serait même supérieure à celle de Nusil "au niveau cohésivité". Jean-Claude Mas n'a pas fait homologuer son produit : "Il me fallait un million d'euros pour une unité de production". Il estime avoir été diabolisé : "J'ai été fabriqué, je suis le grand Satan".
Alors, il a préféré transformer son secret de fabrication en un lourd secret de famille. Ses quatre coprévenus l'ont porté. Claude Couty, directeur général au salaire de 12 500 €, plus une berline allemande à 110 000 €, confesse "un problème réglementaire mais je n'ai jamais eu conscience du danger". - "Vous ne vendiez pas des savons ? l'interpelle le procureur Jacques Dallest. En 2008, PIP fait face à une flambée des ruptures de prothèses et vous ne vous posez pas le problème de la dangerosité du gel ? C'était une bombe à retardement, cette non-homologation". - "C'était... Dans l'entreprise comment dire... ce n'était pas mis en question", bredouille ce financier, qui assure avoir voulu améliorer les choses, repasser toute la production avec du gel Nusil. "Mais Jean-Claude Mas a créé la société. Il pense avoir la science infuse. Il n'écoute pas les conseils des autres".
Hannelore Font, jeune directrice qualité de PIP, reconnaît la tromperie,"mais ce gel est utilisé depuis dix ans sans aucun signe qui me fait penser qu'il est dangereux". Les pleurs de la jeune femme accompagnent les premiers mots d'excuse prononcés dans le prétoire : "Je m'excuse de ne pas avoir été à la hauteur. J'aurais voulu faire plus". En 2009, à quelques mois de la révélation du scandale, Hannelore Font avait refusé "la libération des lots". D'autres ont permis la sortie de l'usine des produits frelatés. Aucun n'a démissionné.
Face au directeur de production, Loïc Gossart, Jacques Dallest s'étonne qu'il n'existait pas de formulation écrite du gel PIP. "C'est un dosage à la louche, votre histoire", lance-il au jeune homme qui, comme Thierry Brinon, ancien directeur Recherche et Développement, ne se considèrent pas comme responsables. Où sont les autres, ses prédécesseurs ? "On était 120, Madame", lance-t-il à la présidente. Façon de désigner les absents.
http://www.laprovence.com/article/actualites/2319097/pip-jai-ete-fabrique-je-suis-le-grand-satan-mas.html
S'embrouillant juste un peu sur les dates, il balaie sa vie professionnelle : vendeur de diamants, d'assurances-vie, de vin sur les foires... "J'ai toujours bien vécu". Le tournant se fait en 1982. Il rencontre les implants mammaires et le Dr Arion, chirurgien plasticien, inventeur de la formulation d'un gel de silicone, le futur gel PIP. Le prévenu de 73 ans expédie sa vie personnelle : "Je ne me suis jamais marié, j'ai eu deux enfants, un garçon, une fille".
Lorsqu'il parle de Poly Implants Prothèses, sa société créée en 1991, son regard pétille. Il prend plaisir à raconter cette success story, sa "silicon valley" à lui : l'ouverture à La Seyne-sur-Mer de "la belle fabrique de prothèses mammaires. Tout est nickel pour aller sur le marché américain". L'orgueil pointe : "Je suis le seul fabricant au monde n'étant pas américain à avoir vendu des prothèses sur le marché américain". Avant un tonitruant : "Français, go home !" en 2000.
Il défend son gel qui remplissait les prothèses. "Le gel PIP n'est pas homologué mais il est homologable. J'ai eu le temps de lire toutes les expertises en prison. Elles ne font que confirmer que le gel PIP est aussi biocompatible que le Nusil", le seul homologué. Aussi exprime-t-il sa part de responsabilité : "Tromperie oui ! Aggravée, ça veut dire quoi ? Dangereux toxique, non ! C'est pas vrai". À entendre le prévenu, sa formule serait même supérieure à celle de Nusil "au niveau cohésivité". Jean-Claude Mas n'a pas fait homologuer son produit : "Il me fallait un million d'euros pour une unité de production". Il estime avoir été diabolisé : "J'ai été fabriqué, je suis le grand Satan".
Alors, il a préféré transformer son secret de fabrication en un lourd secret de famille. Ses quatre coprévenus l'ont porté. Claude Couty, directeur général au salaire de 12 500 €, plus une berline allemande à 110 000 €, confesse "un problème réglementaire mais je n'ai jamais eu conscience du danger". - "Vous ne vendiez pas des savons ? l'interpelle le procureur Jacques Dallest. En 2008, PIP fait face à une flambée des ruptures de prothèses et vous ne vous posez pas le problème de la dangerosité du gel ? C'était une bombe à retardement, cette non-homologation". - "C'était... Dans l'entreprise comment dire... ce n'était pas mis en question", bredouille ce financier, qui assure avoir voulu améliorer les choses, repasser toute la production avec du gel Nusil. "Mais Jean-Claude Mas a créé la société. Il pense avoir la science infuse. Il n'écoute pas les conseils des autres".
Hannelore Font, jeune directrice qualité de PIP, reconnaît la tromperie,"mais ce gel est utilisé depuis dix ans sans aucun signe qui me fait penser qu'il est dangereux". Les pleurs de la jeune femme accompagnent les premiers mots d'excuse prononcés dans le prétoire : "Je m'excuse de ne pas avoir été à la hauteur. J'aurais voulu faire plus". En 2009, à quelques mois de la révélation du scandale, Hannelore Font avait refusé "la libération des lots". D'autres ont permis la sortie de l'usine des produits frelatés. Aucun n'a démissionné.
Face au directeur de production, Loïc Gossart, Jacques Dallest s'étonne qu'il n'existait pas de formulation écrite du gel PIP. "C'est un dosage à la louche, votre histoire", lance-il au jeune homme qui, comme Thierry Brinon, ancien directeur Recherche et Développement, ne se considèrent pas comme responsables. Où sont les autres, ses prédécesseurs ? "On était 120, Madame", lance-t-il à la présidente. Façon de désigner les absents.
http://www.laprovence.com/article/actualites/2319097/pip-jai-ete-fabrique-je-suis-le-grand-satan-mas.html
vendredi 19 avril 2013
Procès PIP : Mas parle de patientes "fragiles", un "connard" fuse en retour
Jean-Claude
Mas, fondateur de la société PIP, s'est vigoureusement défendu vendredi devant
le tribunal de Marseille, assurant, devant une centaine de plaignantes
attentives, n'avoir "pas fait prendre de risques" avec ses implants mammaires
frauduleux.
Son témoignage était
très attendu, notamment par les victimes. Jean-Claude
Mas, fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, a évoqué
vendredi devant le tribunal correctionnel de Marseille la "fragilité" des
clientes de la chirurgie esthétique, provoquant un brouhaha dans la salle.
Beaucoup de ces femmes "ne sont pas bien dans leur peau", "sont fragiles",
a-t-il dit, s'attirant un "connard" venu des sièges des victimes. Des rangs des
plaignantes une question a fusé : "Et la reconstruction?" (ndlr : après un
cancer). Il était interrogé par le procureur qui lui faisait remarquer que, lors
de sa garde à vue, il avait qualifié les plaignantes de femmes "fragiles"
portant plainte "pour l'argent".
Interrogé à la suite de ces propos par une avocate de parties
civiles, il a répondu que les cas de reconstructions à la suite d'un cancer
étaient différents. Pour lui, avant 2010 et la médiatisation de l'affaire, il
n'y avait "aucun problème" avec ses implants. Ensuite, "l'affaire est devenue
médiatique, on a dit qu'il y avait de l'huile de vidange... Avec tout ça je
comprends qu'elles (les porteuses, ndlr) soient mal, et je m'excuse de cette
situation, mesdames". "Je suis devenu le grand Satan", a-t-il ajouté. "Pendant
trois ans, je me suis laissé insulter, et croyez-moi, c'est pour les
patientes".
"Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques"
Avant cela, Jean-Claude Mas s'est vigoureusement défendu, affirmant n'avoir "pas fait prendre de risques" avec les implants mammaires frauduleux qu'il fabriquait. "Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques", a déclaré à la barre le septuagénaire, jugé avec quatre ex-cadres de PIP pour "tromperie aggravée" et "escroquerie" pour avoir, dans les années 2000, rempli les prothèses d'un gel de silicone industriel non autorisé. "Le gel PIP n'était pas homologué mais il était homologable", a-t-il ajouté, dans un prétoire silencieux. "Au niveau cohésivité, je suis certain, j'affirme qu'il était supérieur au Nusil (le gel conforme, ndlr)", a-t-il répété, montrant parfois un léger agacement. Selon les autorités sanitaires, un quart des prothèses retirées des porteuses depuis le début du scandale étaient défectueuses (perspiration du gel, rupture des enveloppes), générant notamment des réactions irritantes.
Répondant à la magistrate, il a redit que oui, il s'estimait compétent pour proposer ce gel, en dépit d'un parcours professionnel divers, qu'il a décrit longuement : bac maths élém, vendeur d'assurances-vie, visiteur médical pendant dix ans, employé "dans les diamants" puis représentant en vins. "J'ai toujours bien vécu", note-t-il.
"Tous les salariés au courant"
Interrogé après lui, son ancien bras droit, Claude Couty, a admis avoir "permis la vente de lots non homologués". "Mais je n'ai jamais eu conscience du danger", assure-t-il, costume sombre et chevelure argentée. A propos de Mas, il souligne que "c'est un commercial et moi un financier assez strict". "Il pense avoir la science infuse (...) assez souvent on était en désaccord sur la gestion de l'entreprise", dit-il, devant Mas qui sourit. Puis vient le tour de la directrice de la qualité, Hannelore Font, entrée en 1999, à 22 ans, chez PIP. La frêle jeune femme rousse assure que dès 2004 elle pensait "que les choses pouvaient changer". Mais c'est en 2009 qu'elle bloque la sortie de lots. Très vite elle s'effondre. "Je tiens à m'excuser de n'avoir pas été à la hauteur, et je m'excuse auprès des patientes qui ont eu à souffrir de ça", sanglote-t-elle, obligeant la présidente à suspendre l'audience.
"Tous les salariés savaient". C'est ce qu'a affirmé un autre cadre jugé à Marseille pour "tromperie aggravée". Devant le tribunal, Loïc Gossart, 39 ans, directeur production de la société varoise de 2006 jusqu'à sa liquidation judiciaire en 2010, a affirmé que "100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant". "Je ne me considère pas pénalement responsable des faits qui me sont reprochés, en tous les cas pas plus responsable que d'autres" au sein de PIP, a-t-il déclaré, se disant en revanche très "touché moralement": "Je fais un travail avec un psy pour mieux comprendre". Il explique avoir pris conscience en 2007 du taux de rupture inhabituel des implants. Il raconte avoir alors eu "de gros soucis" avec le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, pour avoir contesté. "Nous n'avions aucun pouvoir car il fallait faire ce qu'il voulait. Il passait par d'autres si on ne faisait pas ce qu'il voulait", dit-il.
"Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques"
Avant cela, Jean-Claude Mas s'est vigoureusement défendu, affirmant n'avoir "pas fait prendre de risques" avec les implants mammaires frauduleux qu'il fabriquait. "Je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques", a déclaré à la barre le septuagénaire, jugé avec quatre ex-cadres de PIP pour "tromperie aggravée" et "escroquerie" pour avoir, dans les années 2000, rempli les prothèses d'un gel de silicone industriel non autorisé. "Le gel PIP n'était pas homologué mais il était homologable", a-t-il ajouté, dans un prétoire silencieux. "Au niveau cohésivité, je suis certain, j'affirme qu'il était supérieur au Nusil (le gel conforme, ndlr)", a-t-il répété, montrant parfois un léger agacement. Selon les autorités sanitaires, un quart des prothèses retirées des porteuses depuis le début du scandale étaient défectueuses (perspiration du gel, rupture des enveloppes), générant notamment des réactions irritantes.
Répondant à la magistrate, il a redit que oui, il s'estimait compétent pour proposer ce gel, en dépit d'un parcours professionnel divers, qu'il a décrit longuement : bac maths élém, vendeur d'assurances-vie, visiteur médical pendant dix ans, employé "dans les diamants" puis représentant en vins. "J'ai toujours bien vécu", note-t-il.
"Tous les salariés au courant"
Interrogé après lui, son ancien bras droit, Claude Couty, a admis avoir "permis la vente de lots non homologués". "Mais je n'ai jamais eu conscience du danger", assure-t-il, costume sombre et chevelure argentée. A propos de Mas, il souligne que "c'est un commercial et moi un financier assez strict". "Il pense avoir la science infuse (...) assez souvent on était en désaccord sur la gestion de l'entreprise", dit-il, devant Mas qui sourit. Puis vient le tour de la directrice de la qualité, Hannelore Font, entrée en 1999, à 22 ans, chez PIP. La frêle jeune femme rousse assure que dès 2004 elle pensait "que les choses pouvaient changer". Mais c'est en 2009 qu'elle bloque la sortie de lots. Très vite elle s'effondre. "Je tiens à m'excuser de n'avoir pas été à la hauteur, et je m'excuse auprès des patientes qui ont eu à souffrir de ça", sanglote-t-elle, obligeant la présidente à suspendre l'audience.
"Tous les salariés savaient". C'est ce qu'a affirmé un autre cadre jugé à Marseille pour "tromperie aggravée". Devant le tribunal, Loïc Gossart, 39 ans, directeur production de la société varoise de 2006 jusqu'à sa liquidation judiciaire en 2010, a affirmé que "100% des salariés, hors les commerciaux France, étaient au courant". "Je ne me considère pas pénalement responsable des faits qui me sont reprochés, en tous les cas pas plus responsable que d'autres" au sein de PIP, a-t-il déclaré, se disant en revanche très "touché moralement": "Je fais un travail avec un psy pour mieux comprendre". Il explique avoir pris conscience en 2007 du taux de rupture inhabituel des implants. Il raconte avoir alors eu "de gros soucis" avec le fondateur de PIP, Jean-Claude Mas, pour avoir contesté. "Nous n'avions aucun pouvoir car il fallait faire ce qu'il voulait. Il passait par d'autres si on ne faisait pas ce qu'il voulait", dit-il.
Prothèses mammaires PIP : Mas dit qu'il n'a "pas fait prendre de risques"
Lors de son
procès vendredi à Marseille, le fondateur de la société de prothèses mammaires
PIP Jean-Claude Mas a déclaré n'avoir "pas fait prendre de risques" avec les
implants qu'il fabriquait.
Le fondateur de la
société de prothèses mammaires PIP Jean-Claude
Mas, entendu vendredi par le tribunal correctionnel de Marseille, a
déclaré qu'il n'avait "pas fait prendre de risques" avec les implants qu'il
fabriquait.
"Au niveau du risque, je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques" dans les années 90 et dans les années 2000, a-t-il déclaré. "Le gel PIP n'était pas homologué mais il était homologable", a-t-il ajouté. "Le gel était aussi biocompatible que celui de Nusil" (le gel conforme, ndlr). L'homme s'est dit aussi victime "de la délation". "Je n'ai aucune haine", a-t-il ajouté.
"Qu'il (Mas, ndlr) reconnaisse que ce gel est frelaté et nocif pour la santé", souhaitait, avant la reprise de l'audience une des quelque 5.000 plaignantes, Marie-Thérèse Louvet. Cette sexagénaire venue de Reims pour trois jours s'est fait retirer ses prothèses, posées après un cancer du sein, quand le scandale a éclaté, en mars 2010. Quand le chirurgien les a explantées, "elles suintaient !", raconte-t-elle.
"Au niveau du risque, je prétends que je n'ai pas fait prendre de risques" dans les années 90 et dans les années 2000, a-t-il déclaré. "Le gel PIP n'était pas homologué mais il était homologable", a-t-il ajouté. "Le gel était aussi biocompatible que celui de Nusil" (le gel conforme, ndlr). L'homme s'est dit aussi victime "de la délation". "Je n'ai aucune haine", a-t-il ajouté.
"Qu'il (Mas, ndlr) reconnaisse que ce gel est frelaté et nocif pour la santé", souhaitait, avant la reprise de l'audience une des quelque 5.000 plaignantes, Marie-Thérèse Louvet. Cette sexagénaire venue de Reims pour trois jours s'est fait retirer ses prothèses, posées après un cancer du sein, quand le scandale a éclaté, en mars 2010. Quand le chirurgien les a explantées, "elles suintaient !", raconte-t-elle.
jeudi 18 avril 2013
Procès PIP : J-C Mas entendu demain
Le procès des prothèses mammaires PIP, après deux jours consacrés à des débats procéduraux, devrait entrer demain matin dans le vif du sujet, avec l'audition des prévenus tant attendue par des plaignantes impatientes d'écouter le fondateur de la société varoise, Jean-Claude Mas.
Les exceptions de nullité, examinées aujourd'hui, devant a priori être jointes au fond vendredi matin, le tribunal correctionnel de Marseille pourra entrer dans le fonds du dossier, avec une première audition des prévenus (M. Mas ainsi que quatre autres ex-cadres de la société Poly Implant Prothèse, ndlr).
Une perspective qui soulage les victimes à la sortie de l'audience: "enfin, on va aborder les vrais problèmes", s'est réjouie Joëlle Manighetti, venue de Paris. "On va enfin entendre M. Mas, qui va nous expliquer, j'espère, tout ce qui s'est passé, comment cette fraude a pu se produire aussi longtemps".
"J'espère qu'on aura les réponses à toutes nos questions", a-t-elle souligné, tandis qu'une victime normande, Dominique Terrier, qui représente "les femmes qui ont subi un cancer et vécu une reconstruction avec une prothèse PIP", a affirmé qu'elle comptait là-dessus pour "faire le deuil".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/18/97001-20130418FILWWW00712-proces-pip-j-c-mas-entendu-demain.php
Les exceptions de nullité, examinées aujourd'hui, devant a priori être jointes au fond vendredi matin, le tribunal correctionnel de Marseille pourra entrer dans le fonds du dossier, avec une première audition des prévenus (M. Mas ainsi que quatre autres ex-cadres de la société Poly Implant Prothèse, ndlr).
Une perspective qui soulage les victimes à la sortie de l'audience: "enfin, on va aborder les vrais problèmes", s'est réjouie Joëlle Manighetti, venue de Paris. "On va enfin entendre M. Mas, qui va nous expliquer, j'espère, tout ce qui s'est passé, comment cette fraude a pu se produire aussi longtemps".
"J'espère qu'on aura les réponses à toutes nos questions", a-t-elle souligné, tandis qu'une victime normande, Dominique Terrier, qui représente "les femmes qui ont subi un cancer et vécu une reconstruction avec une prothèse PIP", a affirmé qu'elle comptait là-dessus pour "faire le deuil".
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/18/97001-20130418FILWWW00712-proces-pip-j-c-mas-entendu-demain.php
Procès PIP : les QPC rejetées
Le tribunal correctionnel de Marseille a rejeté aujourd'hui la requête d'avocats de deux prévenus dans l'affaire des prothèses PIP, qui souhaitaient que soient transmises à la cour de Casastion deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC).
Les avocats mettaient en cause les choix du parquet dans le mode de poursuites, qui affectent selon eux les droits de la défense. L'acceptation de cette requête aurait engendré un report du procès.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/18/97001-20130418FILWWW00432-proces-pip-les-qpc-rejetees.php
Les avocats mettaient en cause les choix du parquet dans le mode de poursuites, qui affectent selon eux les droits de la défense. L'acceptation de cette requête aurait engendré un report du procès.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/04/18/97001-20130418FILWWW00432-proces-pip-les-qpc-rejetees.php
Prothèses PIP: nouvelle journée de procédure, des plaignantes dans l'attente
Le procès des prothèses mammaires frauduleuses PIP devrait jeudi, pour sa 2e journée, tourner de nouveau autour de débats procéduraux, sous le regard anxieux de plaignantes qui tentent de prendre leur mal en patience.
Dès la reprise de l'audience, à 9h30, le tribunal correctionnel de Marseille doit se prononcer sur la requête d'avocats de deux prévenus, qui souhaitent que soient transmises à la cour de Cassation deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC).
Avocats de deux ex-cadres de la société varoise PIP, ils mettent en cause les choix du parquet dans le mode de poursuites, qui affectent selon eux les droits de la défense.
Accéder à cette requête, dont l'examen a occupé tout mercredi, première journée d'audience, signifierait un report du procès sine die.
Jeudi, voire encore vendredi, le tribunal devrait être aussi saisi de recours de plusieurs conseils, qu'ils soient des parties civiles ou de la défense.
A commencer par celui de Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, personnage central de ce dossier, accusé avec quatre ex-cadres de "tromperie aggravée" et "escroquerie" pour avoir rempli des implants de gel de silicone non conforme aux normes. Me Yves Haddad a annoncé son intention de demander un renvoi du procès, son client ayant reçu selon lui une convocation non datée, donc "nulle".
Du côté des victimes, des conseils devraient dénoncer certaines constitutions de parties civiles, dont celle de TUV, l'organisme qui certifiait les prothèses, et qui est dans ce procès considéré comme victime de l'escroquerie.
Mercredi les plaignantes - 300 à 400 étaient venues de toute la France - ont écouté attentivement les arguties juridiques, dans un climat parfois tendu. Huant les références à l'insolvabilité affichée par la défense des prévenus, ou au contraire applaudissant à plusieurs reprises, sourdes aux rappels à l'ordre de la présidente du tribunal.
"Ce que j'attends, c'est que le procès se tienne", insistait Joëlle Manighetti, qui souffre encore de la rupture des prothèses qu'on lui avait posées après un cancer. Pour elle, "ce qui est très difficile, ce sont les questions juridiques, qui cherchent à faire annuler, voire reporter le procès. On espère que la présidente va écouter le ministère public qui dit que les QPC ne sont pas recevables".
Avoir vu Jean-Claude Mas, "c'est une concrétisation", disait Alexandra Blachère, présidente d'une association de victimes. "Ce que j'attends, c'est de le voir s'exprimer". "Je n'ai pas hué, ajoute-t-elle, mais j'ai apprécié. En revanche, j'ai applaudi les avocats".
Plus de 5.200 femmes, des françaises surtout, ont déposé plainte dans cette affaire (pour 30.000 porteuses environ en France, et bien plus encore à l'étranger).
Selon les autorités sanitaires françaises, environ un quart des implants PIP explantés depuis le début du scandale étaient défectueux (rupture d'enveloppe, perspiration du gel), générant notamment des réactions irritantes, inflammatoires - sans risque accru de cancer avéré.
Aux gendarmes qui les ont interrogés pendant l'enquête, Jean-Claude Mas et ses cadres avaient admis la supercherie, le gel fait "maison" permettant un gain d'un million d'euros annuels, l'organisation permettant de dissimuler la fraude lors des visites du certificateur...
"Dans quelques jours nous parlerons du fond. M. Mas et les autres prévenus vont s'expliquer", a assuré mercredi Me Haddad, ajoutant qu'en attendant il conseille à son client de se taire.
Pour Me Philippe Courtois, qui représente 2.800 plaignantes, "cette journée (de mercredi) n'avait qu'un seul but: retarder le procès".
Selon lui, "les victimes ont passé une dure journée, avec des termes techniques compliqués, pas souvent compréhensibles. On va essayer d'humaniser beaucoup plus dans les jours qui viennent, parce qu'elles ont droit à la parole, et il faut leur donner la parole".
Le procès, délocalisé dans un palais des congrès pour pouvoir accueillir toutes les parties, est prévu pour durer jusqu'au 17 mai. Une fois tous les incidents de procédure passés en revue, le tribunal communiquera un calendrier. Les réquisitions à ce stade sont prévues le 14 mai.
Les cinq prévenus encourent cinq ans de prison.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/16/1608711-protheses-pip-nouvelle-journee-procedure-plaignantes-attente.html
Dès la reprise de l'audience, à 9h30, le tribunal correctionnel de Marseille doit se prononcer sur la requête d'avocats de deux prévenus, qui souhaitent que soient transmises à la cour de Cassation deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC).
Avocats de deux ex-cadres de la société varoise PIP, ils mettent en cause les choix du parquet dans le mode de poursuites, qui affectent selon eux les droits de la défense.
Accéder à cette requête, dont l'examen a occupé tout mercredi, première journée d'audience, signifierait un report du procès sine die.
Jeudi, voire encore vendredi, le tribunal devrait être aussi saisi de recours de plusieurs conseils, qu'ils soient des parties civiles ou de la défense.
A commencer par celui de Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP, personnage central de ce dossier, accusé avec quatre ex-cadres de "tromperie aggravée" et "escroquerie" pour avoir rempli des implants de gel de silicone non conforme aux normes. Me Yves Haddad a annoncé son intention de demander un renvoi du procès, son client ayant reçu selon lui une convocation non datée, donc "nulle".
Du côté des victimes, des conseils devraient dénoncer certaines constitutions de parties civiles, dont celle de TUV, l'organisme qui certifiait les prothèses, et qui est dans ce procès considéré comme victime de l'escroquerie.
Mercredi les plaignantes - 300 à 400 étaient venues de toute la France - ont écouté attentivement les arguties juridiques, dans un climat parfois tendu. Huant les références à l'insolvabilité affichée par la défense des prévenus, ou au contraire applaudissant à plusieurs reprises, sourdes aux rappels à l'ordre de la présidente du tribunal.
"Ce que j'attends, c'est que le procès se tienne", insistait Joëlle Manighetti, qui souffre encore de la rupture des prothèses qu'on lui avait posées après un cancer. Pour elle, "ce qui est très difficile, ce sont les questions juridiques, qui cherchent à faire annuler, voire reporter le procès. On espère que la présidente va écouter le ministère public qui dit que les QPC ne sont pas recevables".
Avoir vu Jean-Claude Mas, "c'est une concrétisation", disait Alexandra Blachère, présidente d'une association de victimes. "Ce que j'attends, c'est de le voir s'exprimer". "Je n'ai pas hué, ajoute-t-elle, mais j'ai apprécié. En revanche, j'ai applaudi les avocats".
Plus de 5.200 femmes, des françaises surtout, ont déposé plainte dans cette affaire (pour 30.000 porteuses environ en France, et bien plus encore à l'étranger).
Selon les autorités sanitaires françaises, environ un quart des implants PIP explantés depuis le début du scandale étaient défectueux (rupture d'enveloppe, perspiration du gel), générant notamment des réactions irritantes, inflammatoires - sans risque accru de cancer avéré.
Aux gendarmes qui les ont interrogés pendant l'enquête, Jean-Claude Mas et ses cadres avaient admis la supercherie, le gel fait "maison" permettant un gain d'un million d'euros annuels, l'organisation permettant de dissimuler la fraude lors des visites du certificateur...
"Dans quelques jours nous parlerons du fond. M. Mas et les autres prévenus vont s'expliquer", a assuré mercredi Me Haddad, ajoutant qu'en attendant il conseille à son client de se taire.
Pour Me Philippe Courtois, qui représente 2.800 plaignantes, "cette journée (de mercredi) n'avait qu'un seul but: retarder le procès".
Selon lui, "les victimes ont passé une dure journée, avec des termes techniques compliqués, pas souvent compréhensibles. On va essayer d'humaniser beaucoup plus dans les jours qui viennent, parce qu'elles ont droit à la parole, et il faut leur donner la parole".
Le procès, délocalisé dans un palais des congrès pour pouvoir accueillir toutes les parties, est prévu pour durer jusqu'au 17 mai. Une fois tous les incidents de procédure passés en revue, le tribunal communiquera un calendrier. Les réquisitions à ce stade sont prévues le 14 mai.
Les cinq prévenus encourent cinq ans de prison.
http://www.ladepeche.fr/article/2013/04/16/1608711-protheses-pip-nouvelle-journee-procedure-plaignantes-attente.html
mercredi 17 avril 2013
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